Le long des pavés de l’abbaye du Ronceray et sous les charpentes séculaires des greniers Saint-Jean, les notes de piano ont résonné quatre jours durant. Le festival Pianopolis a clôturé son édition de mai avec un bilan qui confirme l’ancrage de l’événement dans le paysage culturel local : plus de 8 600 spectateurs ont répondu à l’appel, entre concerts intimistes et performances spectaculaires en plein air.
Près de 9 000 spectateurs pour une édition record
L’affluence enregistrée cette année témoigne d’un intérêt croissant pour cette formule hybride qui mêle exigence artistique et accessibilité. La Ville d’Angers a vu ses places et jardins transformés en auditoriums à ciel ouvert, notamment grâce aux dix concerts « piano-vélo ». Ce concept, porté par le pianiste allemand Björn Gottschall, a permis de faire surgir la musique dans des lieux inattendus, comme le jardin Larrey à proximité du CHU.
Parcourant la France avec sa remorque et son instrument, l’artiste rennais a incarné cette volonté de désacraliser l’instrument. Pour ceux qui ont manqué ces moments, les concerts gratuits et les têtes d’affiche ont permis à un large public de découvrir des talents émergents comme la chanteuse angevine CJ Beth, dont la voix soul et blues a marqué les esprits à l’abbaye du Ronceray.

Des scènes insolites entre patrimoine et modernité
Le festival a su exploiter la richesse architecturale d’Angers pour créer des atmosphères uniques. Au musée Jean-Lurçat, le jeune pianiste et chef d’orchestre Gabriel Durliat a proposé un récital en écho à l’exposition « Aubusson tisse Tolkien », créant un pont direct entre la tapisserie contemporaine et la musique de la nouvelle génération.
L’abbaye du Ronceray a également servi de refuge aux mélodies de Marielle Dechaume et Jacques Montembault, ainsi qu’au duo angevin oda. Anna Bozovic et Théo Noël-Apperry y ont déployé leur univers indie pop-folk, prouvant que le piano peut parfaitement s’accommoder de nappes synthétiques et de touches électro. Cette diversité de styles est l’une des signatures de Pianopolis, qui refuse de s’enfermer dans le répertoire purement classique.

Des têtes d’affiche internationales aux Greniers Saint-Jean
Le point d’orgue de la programmation s’est joué aux greniers Saint-Jean, où des figures majeures de la scène mondiale se sont succédé. Le contre-ténor polonais Jakub Józef Orliński, connu pour ses performances aux Jeux olympiques de Paris 2024 et ses talents de breakdancer, a offert une prestation mémorable aux côtés du pianiste Michał Biel. Leur répertoire, naviguant entre Haendel et des compositeurs polonais, a souligné l’acoustique exceptionnelle du lieu.
La transmission était aussi au cœur de l’événement avec la présence d’Elisabeth Leonskaja. À 80 ans, celle que l’on surnomme « la dernière grande dame de l’école soviétique » a captivé l’auditoire par sa maîtrise absolue. En parallèle, l’actrice Julie Depardieu a partagé sa passion pour l’opéra lors d’un échange avec l’écrivain Jean-Yves Clément, avant de prêter sa voix à la correspondance de Robert et Clara Schumann lors d’un récital poétique accompagné par Dana Ciocarlie.

Le festival s’est achevé sur une note familiale et relaxante le dimanche. Pendant que les enfants découvraient le spectacle « Le roi qui n’aimait pas la musique » de Karol Beffa, d’autres profitaient d’une sieste musicale « piano-chill » orchestrée par Eddy Sco de Radio Campus Angers. Au Jardin des plantes, l’atelier « Alors on danse » a permis aux amateurs de s’initier au mouvement contemporain, portés par les dernières notes de cette édition printanière.
Source: Ville d'Angers
/linkKomentarai