À l’approche de la Feria de Pentecôte, qui animera les rues du 20 au 25 mai 2026, l’effervescence monte dans la cité des Antonins. Si l’événement reste le pilier de l’identité locale, les attentes des Nîmois évoluent. Entre désir de renouveau géographique, exigences culturelles et préoccupations liées au pouvoir d’achat, quatre figures de la vie locale partagent leur vision d’une fête parfaite, ancrée dans son temps.
Plus de mixité et de fête sur le boulevard Gambetta
Clément Bonet, 37 ans, observe l’évolution de la fête depuis le comptoir du Bar du Midi. Pour ce cafetier du boulevard Gambetta, la Feria idéale doit impérativement casser les codes habituels pour favoriser la mixité sociale et générationnelle. S’il apprécie l’aspect festif nocturne, ce jeune père de famille privilégie désormais les moments en journée, sous le soleil des terrasses.
Son souhait principal concerne l’aménagement urbain de la fête. Selon lui, le périmètre ne devrait plus se limiter au seul secteur Victor-Hugo. En intégrant davantage des zones comme le boulevard Gambetta, souvent perçu comme délaissé ces dernières années, la ville pourrait offrir un nouveau souffle à la célébration. Son objectif : voir des gens de tous horizons danser ensemble, loin de l’immobilisme, tout en respectant les traditions qui font l’âme de Nîmes.

Une exigence taurine renouvelée et une sécurité renforcée
Pour Morgane Dumas, l’essence de la Feria réside dans les arènes. Cette aficionada de 35 ans, fondatrice de la peña Manuel Escribano, regrette une certaine uniformité dans la programmation actuelle. Sa Feria parfaite passerait par une plus grande diversité d’encastes et des toros plus sérieux, capables de satisfaire les passionnés les plus exigeants.
Alors que la municipalité a récemment instauré de nouvelles règles pour l’accès aux arènes, Morgane souligne également l’importance du climat social dans la rue. Elle appelle de ses vœux une fête où les cuivres résonnent dans chaque quartier, mais où la sécurité, particulièrement celle des femmes, est une priorité absolue pour que la liesse reste totale.

Le défi du pouvoir d’achat au cœur des bodegas
Mathias Veyrunes, connu sous le nom de scène Mads, baigne dans l’esprit festif nîmois depuis son enfance. Fils du co-créateur de la Primafresca, il officie aujourd’hui derrière les platines. Avec 15 ans d’expérience dans l’animation des soirées gardoises, il pointe du doigt un frein majeur à la convivialité : le coût de la fête.
Pour que la Feria reste accessible à tous les budgets, le DJ plaide pour une baisse des prix des consommations dans certaines bodegas. Selon lui, l’équilibre entre les ambiances traditionnelles hispanisantes, comme celles du Pablo Romero, et les scènes modernes est essentiel. Mais cet équilibre ne peut perdurer que si la fête ne devient pas un luxe réservé à une élite.

De la musique live pour animer de nouveaux quartiers
Du côté de la jeunesse, Zoé Lalouette, étudiante de 23 ans, incarne cette génération qui attend la Feria comme le point d’orgue de l’année. Son rituel est immuable : déambulation rue Fresque, paëlla place du Marché et sieste stratégique avant de choisir une bodega pour la nuit.
Sa vision de la modernité passe par la multiplication des lieux de fête. Au-delà du traditionnel défilé de la Pégoulade, elle suggère d’étendre les festivités vers l’avenue Jean-Jaurès. Zoé espère également voir fleurir davantage de musique live, offrant ainsi une alternative aux playlists standardisées et permettant de découvrir des ambiances inédites au détour de chaque ruelle.
Ce qu’il faut retenir
- Dates clés : La Feria de Pentecôte 2026 se tiendra du 20 au 25 mai.
- Extension géographique : Une forte demande pour animer le boulevard Gambetta et l’avenue Jean-Jaurès.
- Culture taurine : Un souhait de diversité accrue dans le choix des élevages présentés aux arènes.
- Accessibilité : Une préoccupation marquée concernant les tarifs pratiqués dans les lieux festifs.
Source: Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)
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