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Cinemed à Montpellier : 6 films locaux, un record en compétition

Du 16 au 24 octobre, Montpellier se tourne vers la Méditerranée avec le Cinemed. Près d’une centaine de films venus des deux rives sont à découvrir au Corum, pour une édition qui met un coup de projecteur inédit sur la création locale.

Cette année, six films liés au territoire sont à l’affiche, dont deux en compétition officielle. Un record qui témoigne du dynamisme d’une filière culturelle et créative en plein essor.

Le film d’ouverture et les invités d’honneur

Le film d’ouverture du Cinemed est toujours un événement. Le 16 octobre prochain, ce sera celui de l’Italien Nanni Moretti, Les Cœurs affamés, qui sera présenté en première française, quelques semaines avant sa sortie nationale en fin d’année.

Deux invités d’honneur sont annoncés. Camélia Jordana, dont la carrière d’actrice s’impose peu à peu, ira à la rencontre du public les 17 et 18 octobre. Le 19 octobre, c’est le réalisateur espagnol Pablo Berger (Blancanieves) qui échangera à son tour avec les spectateurs autour de sa filmographie.

Cinemed à Montpellier : 6 films locaux, un record en compétition

Toute la semaine, les salles obscures du Corum offriront au public des voyages en Jordanie, au Liban, en Algérie, en Espagne… Ce festival à la fois exigeant et populaire, qui a réuni l’an dernier 65 000 spectateurs, propose de nombreux rendez-vous. Parmi eux, la Nuit en enfer, le 23 octobre, à laquelle répondra cette année la découverte du cinéma fantastique arabe, quasiment inconnu en France. Un focus sur le nouveau cinéma égyptien est également programmé.

Deux films montpelliérains en compétition officielle

Dans la catégorie long métrage, neuf films concourent pour l’Antigone d’Or. Des femmes comme les autres, de Dominique Cabrera, a été entièrement tourné à Montpellier. Ce n’est pas un hasard, explique-t-elle : « Ma famille y vit depuis très longtemps et j’ai une intimité réelle avec cette ville. J’aime son mélange de classicisme imposant et de culture urbaine. Montpellier m’inspire. Je l’ai prise en photo des centaines de fois ».

C’est sa mère, fréquentant un atelier de broderie, qui a inspiré l’histoire de deux dames retraitées qui partagent la même activité. Un jour, l’une d’elles délaisse les modèles imposés et commence à broder ses visions et ses peurs d’enfant, avec la fougue d’une artiste. Cela ne va pas être sans conséquence sur l’autre. « Ces deux vieilles dames découvrent qu’elles peuvent se permettre de vivre, qu’il n’est jamais trop tard. Elles sont un peu punk. La broderie, dont l’image est associée aux traditions corsetées de la société, devient, avec elles, une affirmation de liberté », explique la cinéaste, coauteure avec la scénariste montpelliéraine Anna Zisman.

Cinemed à Montpellier : 6 films locaux, un record en compétition

Montpellier s’est imposée comme une évidence pour servir de cadre au film. Mais quand le tournage a débuté en mai 2025, il a fallu composer avec le vaste chantier en cours de la ligne 5 de tramway. Ce qui n’était pas prévu dans le scénario. Le temps étant compté, Dominique Cabrera a donc tourné les nombreuses scènes extérieures en intégrant les travaux dans l’histoire. « Cela a enrichi le film et j’ai pris beaucoup de plaisir à filmer le chantier. Il correspondait à l’esprit de Simone et Jeannine, elles-mêmes bouleversées ».

Porté par Hélène Vincent et Yolande Moreau, produit par Everybody on Deck et Ad Libitum, ce long métrage a reçu le soutien du Fonds d’aide ICC de la Métropole et bénéficié de l’accompagnement du Bureau des tournages de la Ville de Montpellier. Plusieurs techniciens locaux et figurants ont également été recrutés sur place. Sa projection au Cinemed, le 17 octobre à 15h, en présence de la réalisatrice, sera une première, avant sa sortie nationale le 14 avril prochain.

L’autre film montpelliérain en lice dans la compétition officielle, catégorie des courts métrages, est Petite frappe, d’Arnaud Jabouin. Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier, le réalisateur porte ce projet depuis plusieurs années. « Le film parle du désir d’enfant du point de vue d’un jeune homme. Comment une petite frappe, en galère, accueille-t-elle ce futur enfant ? ». Avec Samuel Kircher dans le rôle principal, le film a été tourné en décembre 2025, notamment aux Halles des 4 saisons, dans le quartier de la Mosson. Il a mobilisé une équipe presque entièrement locale, du coproducteur, Marnie Productions, aux techniciens et figurants. Petite frappe a lui aussi bénéficié du soutien du fonds d’aide métropolitain. Le réalisateur sera présent à sa projection le 20 octobre à 18h30.

Cinemed à Montpellier : 6 films locaux, un record en compétition

Regards d’Occitanie et jeunes talents

Dans la section Regards d’Occitanie, non compétitive, deux autres productions montpelliéraines ont retenu l’attention des programmateurs : Marble & Lemons, d’Anna Katalin Lovrity, produit par La Belle Affaire Productions, et Vegapolis, de Micha Barban-Dangerfield, produit par Avant la Nuit. Le premier est un court métrage d’animation qui explore les relations entre une fille et sa mère. Sous forme de documentaire, le second prend pour décor la patinoire d’Odysseum et suit quelques jeunes Montpelliérains qui la fréquentent.

Depuis ses débuts, le festival accorde une place particulière aux jeunes talents. Une section leur est d’ailleurs consacrée, et parmi la sélection se trouvent là encore deux courts métrages de fiction récemment produits par l’écosystème local. Tourné à Sète et à Montpellier, Tout ce que j’sais faire, d’Hector Humblot, produit par Marnie Production et Duel Production, réunit les rappeurs Demi Portion, Mokless et Oxmo Puccino. Avec Sous les diamants, la crasse, Lou-Anna Reix a choisi le fantastique pour aborder le traumatisme d’une agression sexuelle. De son côté, la réalisatrice Léa Triboulet et son producteur Jérôme Blesson tenteront de décrocher un financement auprès du jury des Bourses d’aide au développement Cinemed, pour leur projet de long métrage, J’irai boire avec les abeilles.

La présence de Nicole Garcia, dont le dernier film, 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard, clôt le festival, sera le dernier maillon de ce fil rouge montpelliérain qui traversera le Cinemed. La réalisatrice, qui a passé une partie de sa scolarité à Montpellier, y revient régulièrement poser sa caméra depuis 1990.

La Dérive, de Paula Delsol, projeté le 24 octobre

Le Cinemed projette le 24 octobre une copie restaurée de La Dérive, de Paula Delsol. Née à Montagnac en 1923, l’Héraultaise a tourné dès 1958 plusieurs films dans la région montpelliéraine. Avec Agnès Varda, elle compte parmi les rares réalisatrices associées à la Nouvelle Vague. Tourné au début des années 1960 à Palavas-les-Flots, La Dérive brosse le portrait d’une jeune fille décidée à vivre librement. Un sujet qui avait suscité un certain scandale à l’époque mais que Truffaut et Godard applaudirent bruyamment. Paula Delsol est décédée en 2015.

Le Cinemed est né il y a 48 ans, dans le sillage du Ciné-club Jean Vigo. La filiation reste bien vivante puisque l’association prend désormais en charge les rétrospectives du festival, consacrées cette année à Vittorio De Sica et Marco Bellocchio.

Informations pratiques

Source: En Commun – Montpellier

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