Aux abords du site historique de l’ancienne manufacture d’armes, le bâtiment de verre et d’acier de La Platine s’anime pour une étape charnière de son histoire culturelle. La Cité du design de Saint-Étienne vient de donner le coup d’envoi de sa programmation 2026, un cycle d’expositions qui refuse de choisir entre le passé ouvrier de la ville et les défis technologiques de demain. À travers quatre parcours distincts, l’institution stéphanoise interroge notre rapport aux objets et à l’évolution des modes de production.
Le design comme moteur de la néo-industrialisation
L’un des points d’orgue de ce cycle est l’exposition Local Tools. Issue du post-master « Design et Industrie », cette présentation met en lumière le travail de chercheurs et d’étudiants qui explorent les contours de la néo-industrialisation. Ici, le design n’est pas une simple affaire d’esthétique, mais un levier concret pour repenser les circuits courts et l’efficacité productive sur le territoire ligérien.
Les prototypes exposés utilisent des ressources régionales et des procédés de fabrication innovants, visant à minimiser l’empreinte carbone tout en valorisant le savoir-faire des entreprises foréziennes. Cette approche fait écho à une dynamique créative observée dans d’autres métropoles, où les lieux hybrides deviennent des laboratoires d’innovation sociale et technique.

Une vitrine pour la nouvelle génération de l’ÉSADSE
La jeunesse occupe une place prépondérante dans cette saison avec l’exposition Recto Verso. Ce projet rassemble les travaux de 84 étudiants de l’École supérieure art et design de Saint-Étienne (ÉSADSE). Régis Juanico, maire de Saint-Étienne et président de la Métropole, souligne que ces créations reflètent les valeurs de diversité et d’ouverture propres à l’identité stéphanoise.
En parcourant les allées de La Platine, on découvre une génération de designers qui ne se contente plus de dessiner des formes, mais qui dialogue avec les matériaux pour répondre aux enjeux contemporains. L’exposition témoigne de la capacité de l’école à former des créateurs capables de s’insérer dans le tissu économique local tout en portant un regard critique sur la consommation de masse.

L’artisanat face aux nouvelles technologies
Le retour d’Anaïs Borie sur les terres de sa formation constitue un autre temps fort de ce cycle. Avec Brèche Fertile, la diplômée de l’ÉSADSE propose une immersion sensible où l’artisanat traditionnel rencontre les technologies de pointe. Ce croisement fertile démontre la maturité du design stéphanois, capable d’exporter ses talents tout en restant profondément ancré dans ses racines.
En complément, le projet national Créer un vase, présenté en exclusivité, offre une vitrine à des designers émergents. Cette commande publique du Centre National des Arts Plastiques (CNAP) prouve que l’objet le plus simple du quotidien peut devenir un terrain d’expérimentation majeur pour la nouvelle garde du design français. Chaque pièce exposée raconte une histoire de matière, de geste et de recherche formelle.

Pour ceux qui souhaitent découvrir ces propositions, la Cité du design accueille le public au 3 Rue Javelin Pagnon. Les expositions sont accessibles à La Platine, point de convergence entre le quartier créatif et le centre-ville. Les visiteurs peuvent obtenir des informations complémentaires en contactant l’accueil au 04 77 49 74 70 ou en consultant les ressources numériques de l’institution.
Source: Ville de Saint-Étienne
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