Face à l’intensification des vagues de chaleur et à la minéralisation croissante des centres urbains, une pépinière de l’Orléanais propose une solution verticale pour réintroduire la biodiversité. À Saint-Cyr-en-Val, l’entreprise Javoy Plantes mise sur les vertus des végétaux grimpants pour rafraîchir durablement l’espace public. Ces plantes, capables de s’épanouir sur de faibles surfaces au sol, deviennent des alliées stratégiques pour l’urbanisme de demain.
Une saga familiale ancrée à Saint-Cyr-en-Val
L’histoire de Javoy Plantes s’écrit sur quatre générations dans le Loiret. Fondée officiellement en 1984 par Nicole et Pierre Javoy, l’exploitation a été reprise en 2010 par leurs enfants, Marie-Laure Rauline et Benoît Javoy. Dès les débuts, l’approche se veut précurseure. En 2003, bien avant que la gestion de la ressource en eau ne devienne une urgence nationale, la pépinière installait un système de récupération des eaux de pluie couvrant 70 % à 80 % de ses besoins.

Cette culture de l’innovation environnementale a permis à l’entreprise de doubler son chiffre d’affaires et d’étendre sa réputation à l’échelle européenne. Aujourd’hui, l’équipe de 22 collaborateurs cultive plus de 500 variétés, allant des clématites aux glycines, en passant par les kiwis. Cette diversité horticole répond à une demande croissante des collectivités et des particuliers pour des végétaux robustes et adaptés aux évolutions climatiques.

L’innovation écologique au service du rafraîchissement urbain
En 2022, Javoy Plantes a franchi une étape symbolique en devenant une « société à mission », un statut issu de la loi PACTE. Cette transformation engage officiellement l’entreprise à poursuivre des objectifs sociaux et environnementaux au-delà de la simple performance économique. La raison d’être affichée, « ensemble, cultivons la ville de demain », se traduit par des collaborations scientifiques concrètes.

L’entreprise travaille notamment avec l’ESTP (École supérieure des travaux publics) pour mesurer précisément l’impact thermique des plantes grimpantes sur les façades des bâtiments. Les premières observations confirment que la couverture végétale agit comme un bouclier naturel, réduisant significativement la température intérieure des habitations et limitant l’effet d’îlot de chaleur urbain. La rusticité de ces espèces permet une installation facilitée dans des environnements parfois hostiles au végétal classique.
Simplifier l’entretien vertical grâce au système breveté I.C.O.
L’un des principaux freins à la végétalisation des façades reste la difficulté d’entretien, notamment la taille des végétaux atteignant plusieurs mètres de hauteur. Pour lever cet obstacle, Marie-Laure Rauline et Benoît Javoy ont développé une innovation technique majeure : le système I.C.O.®. Inspiré du fonctionnement des voiliers, ce dispositif s’appuie sur un mécanisme de cordes et de poulies.
Ce brevet européen permet de faire descendre la plante au niveau du sol pour effectuer les opérations de taille ou de soin en toute sécurité, avant de la hisser à nouveau sur la paroi. Ce concept, actuellement en phase de déploiement, lève les réticences liées aux coûts de nacelles ou aux interventions acrobatiques. En rendant le jardinage vertical accessible, la pépinière de Saint-Cyr-en-Val espère multiplier les façades vertes dans la métropole d’Orléans et au-delà, prouvant que la technologie peut se mettre au service d’une ville plus respirable.
Source: Orléans Métropole
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