À Roubaix, Safiha a donné un nom simple à son engagement : Renaissance. Depuis 2020, cette association accompagne des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants, avec une priorité immédiate : écouter, protéger, puis aider à reconstruire une vie hors de l’emprise.
Présidente de l’association, elle consacre son temps à ces parcours souvent invisibles, épaulée par une équipe de bénévoles et de professionnels. En 2025, plus de 105 femmes ont été suivies par Renaissance, selon les éléments communiqués dans le portrait publié par Roubaix XL.
Une Roubaisienne engagée depuis ses années de quartier
Safiha se présente d’abord comme une enfant de Roubaix. Elle y est née, y a grandi, y a fait sa scolarité à l’école Voltaire, puis au collège Saint-Louis et au lycée Sainte-Marie. Sa formule résume son attachement à la ville : elle dit habiter Roubaix « jusqu’à l’âme ».
Avant Renaissance, son parcours professionnel l’a menée dans le commerce, notamment à Paris, où elle a été responsable d’un magasin haut de gamme Well et Gossard. Elle a aussi formé de futures vendeuses, puis ouvert un salon de coiffure à Roubaix. Ce lieu de travail est devenu, au fil des rencontres, un point d’écoute informel pour de nombreuses habitantes.
Mère de trois enfants, elle raconte avoir rapidement été sollicitée par des femmes qui venaient se confier. Son propre vécu des violences conjugales a aussi façonné sa manière d’entendre les récits, sans couper la parole ni minimiser la souffrance.
Renaissance, un premier accueil pour les femmes qui n’osent pas pousser les portes
L’association Renaissance a été créée en 2020, au moment où les confinements liés au Covid rendaient encore plus difficiles les sorties de situations violentes. Safiha décrit une structure née d’un constat de terrain : beaucoup de femmes restent hors des dispositifs classiques, parfois parce qu’elles ne savent pas à qui s’adresser, parfois parce qu’elles dépendent financièrement de leur conjoint.

Le rôle de Renaissance commence par un accueil de proximité, sans condition. L’écoute vient avant les démarches. Pour Safiha, la confiance est la première étape d’un accompagnement réussi : une femme qui raconte son calvaire doit pouvoir aller au bout de son récit.
Après ce premier temps, l’association oriente vers des solutions concrètes. L’hébergement d’urgence peut permettre de mettre une femme et ses enfants à l’abri. Viennent ensuite les démarches pour quitter le conjoint violent, organiser la suite, obtenir des conseils juridiques et retrouver des repères.
Une équipe élargie autour des mères et des enfants
Safiha n’agit pas seule. Renaissance s’appuie sur une équipe de 16 personnes, dont deux infirmières, un juriste, deux avocats, des travailleurs sociaux, des formatrices pour les cours de français et des étudiants mobilisés pour le soutien scolaire des enfants. Deux psychiatres doivent aussi rejoindre prochainement l’association.
Cette composition dit beaucoup du type de besoins rencontrés. Les violences conjugales ne s’arrêtent pas à la porte du logement quitté. Il faut parfois soigner, expliquer des droits, reprendre une formation, aider les enfants à tenir à l’école, trouver les mots dans une langue mieux maîtrisée.
Une infirmière de l’association, Laurence, rappelle que ces situations traversent tous les milieux sociaux. La dépendance économique peut enfermer durablement les femmes dans le silence, surtout lorsqu’elles craignent de ne pas pouvoir subvenir aux besoins des enfants.

Un nouveau local rue Jules-Watteeuw à Roubaix
Renaissance occupe désormais un local au 69 rue Jules-Watteeuw, à Roubaix. Cette adresse donne une présence plus visible à une association qui s’est construite sur le lien direct avec les habitantes et les familles.
Une fois par mois, les bénévoles organisent aussi un « repas temps de parole ». Ce rendez-vous permet aux femmes accompagnées de se retrouver dans un cadre moins administratif, autour d’un moment préparé par l’équipe. Dans des parcours marqués par l’isolement, ce type de rencontre peut rompre la solitude autant qu’il aide à reprendre confiance.
Pour Safiha, le message à transmettre reste net : même quand la situation paraît bloquée, « rien n’est perdu ». Elle insiste sur l’existence d’une porte de sortie, à condition de trouver quelqu’un prêt à écouter et à accompagner dans la durée.
Une disponibilité qui pèse aussi sur le quotidien
Le portrait de Safiha montre aussi ce que cet engagement demande. Elle explique ne pas partir en vacances, par choix, afin de rester disponible. Son loisir, dit-elle, reste de venir en aide aux femmes victimes.
Deux ou trois soirs par semaine, elle court au parc Barbieux. Elle y voit une manière d’évacuer les tensions accumulées au contact de récits lourds. La lecture fait aussi partie de ses respirations.
Sa fierté personnelle va à ses trois enfants : deux sont étudiants en médecine, la troisième est infirmière. « Je leur ai tout donné », confie-t-elle.
Source: Roubaix XL
Source et verification Traçabilité éditoriale
Ce portrait reprend les éléments factuels publiés par Roubaix XL et les organise pour éclairer le rôle local de l’association Renaissance.
- Vérification de la localisation factuelle à Roubaix, distincte du nom du média source.
- Conservation des chiffres fournis dans le texte source, dont plus de 105 femmes suivies en...
- Maintien des rôles cités : présidente, infirmières, juriste, avocats, travailleurs sociaux...
- Absence d’ajout de coordonnées, liens ou dispositifs non présents dans les éléments fourni...
- Source
- Roubaix XL
- Portée
- Roubaix
- Mis à jour
- 2026-05-29 08:42
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