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Bougainvilliers roses au premier plan avec une personne marchant dans une rue étroite ancienne.

À Nîmes, des habitants veulent remettre du vert dans la ville

Par la rédaction de tagafruit.fr

Dans certaines cours d’école de Nîmes, la chaleur ne tombe pas seulement du ciel. Elle remonte aussi du béton. À la Calandreta, sur le Mont Duplan, Laurence Héraly décrit une cour qui devient difficile à vivre quand les températures montent : les arbres existants offrent quelques refuges, mais l’espace reste très minéral.

Son idée est simple : enlever une partie du béton, désimperméabiliser et planter davantage. Derrière ce témoignage, un sujet très concret se dessine pour les familles nîmoises : comment rafraîchir les lieux du quotidien sans attendre de grands travaux visibles seulement à long terme.

Des cours d’école trop minérales face aux fortes chaleurs

Laurence Héraly part de ce que voient les parents à la sortie des classes. Quand le sol renvoie la chaleur, la cour d’école perd sa fonction de pause et de jeu. Les plus petits cherchent l’ombre disponible, souvent limitée à quelques arbres.

La végétalisation des écoles n’est pas seulement une affaire de décor. Elle touche au confort des enfants, à l’usage des espaces extérieurs et à la capacité de la ville à s’adapter aux épisodes chauds. À Nîmes, où les rues et les places gardent souvent une forte présence de pierre, d’asphalte et de béton, la question devient très locale : où planter, comment entretenir, et avec quels habitants ou associations ?

À Nîmes, des habitants veulent remettre du vert dans la ville

Laurence Héraly évoque aussi le souvenir des Incroyables comestibles, ce collectif qui avait installé, il y a une dizaine d’années, des bacs en cagettes recyclées pour cultiver légumes et aromatiques dans le centre-ville. Pour elle, ce type d’initiative montre qu’une partie de la réponse peut venir du terrain, à condition que les bénévoles soient accompagnés.

Rue des Lombards, le végétal comme levier d’attractivité

Dans le centre historique, Thomas Berard regarde la végétalisation sous un autre angle. Cofondateur de la friperie et marque nîmoise Bonjour, installée rue des Lombards, il veut transformer l’image de cette artère proche de la cathédrale.

Son objectif n’est pas d’abord thermique. Il parle d’atmosphère, de passage qui devient arrêt, d’une rue où l’on aurait envie de flâner au lieu de traverser rapidement. Quelques plantes grimpantes, un petit arbre ou un aménagement dans un renfoncement aujourd’hui propice aux dépôts sauvages pourraient changer la perception du lieu.

La proposition dit aussi quelque chose du commerce de centre-ville. Pour Thomas Berard, un projet commun de végétalisation pourrait relancer l’idée d’une association de commerçants rue des Lombards. Le végétal deviendrait alors un prétexte concret pour réunir habitants et boutiques autour d’un même espace.

À Nîmes, des habitants veulent remettre du vert dans la ville

Des façades plantées dans les quartiers résidentiels

Rue de la Samaritaine, dans le secteur de la route de Beaucaire, Édith Chalandon observe une évolution plus discrète. Cette journaliste à la retraite, installée dans le quartier depuis 26 ans, voit de plus en plus de voisins planter devant chez eux. Même l’école du secteur participe à ce mouvement de verdissement.

Elle envisage de planter du jasmin ou du bougainvillier sur son mur d’entrée, côté rue. Son choix tient à la fois à l’esthétique et à la fraîcheur ressentie en été. Elle rappelle aussi l’existence d’un permis de végétaliser délivré par la Ville, avec une liste de végétaux préconisés.

Ce type de dispositif change l’échelle du sujet. Il ne s’agit plus seulement de parcs ou de grands alignements d’arbres, mais de murs, de seuils, de petites bandes au pied des façades. Dans une ville dense, ces micro-espaces peuvent former un réseau visible si les habitants s’en saisissent.

Jardins partagés et apprentissage du vivant

Charles de Roy, professeur de skateboard et président de l’association La Planche à roulettes nîmoise, défend une approche plus longue. Depuis 18 ans, il cultive un potager de 200 m² aux Jardins ouvriers de Nîmes. Il y trouve un équilibre personnel, mais surtout une idée d’éducation.

À Nîmes, des habitants veulent remettre du vert dans la ville

Pour lui, les écoles devraient disposer d’une vraie politique durable autour des jardins, avec des référents spécialisés et un apprentissage suivi de la biodiversité. Pas une action ponctuelle sur une année, mais un travail installé dans le temps, où les enfants sèment, récoltent, partagent et goûtent ce qu’ils ont produit.

Son propos rejoint une préoccupation plus large : rendre le vivant présent dans les habitudes, pas seulement dans les discours. En centre-ville, il appelle aussi à renforcer les jardins partagés, des lieux qui permettent de jardiner sans disposer d’un terrain privé.

Une demande locale faite de petits projets cumulés

Les témoignages recueillis par Vivre Nîmes ne décrivent pas un seul grand chantier. Ils mettent bout à bout des cours d’école à transformer, une rue commerçante à rendre plus accueillante, des façades à planter et des jardins à transmettre aux enfants.

Ce sont des propositions modestes à l’échelle d’une ville, mais elles visent des lieux très fréquentés : écoles, rues du centre, quartiers résidentiels, jardins collectifs. Leur point commun est de faire de la végétalisation un usage quotidien, porté par ceux qui vivent ou travaillent sur place.

La suite dépendra de la capacité à identifier les espaces possibles, à encadrer les plantations et à organiser l’entretien. Comme le résume Charles de Roy à propos du jardin : « Il apprend la patience, il permet de se reconnecter avec la nature ».

Source: Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)

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Jean-Baptiste Reynaud

Jean-Baptiste Reynaud

Auteur

Jean-Baptiste est un journaliste passionné par l'actualité nîmoise. Avec une expérience solide dans la presse régionale, il décrypte les décisions du conseil municipal et suit de près les projets d'urbanisme de la ville. Engagé pour une information transparente, il s'attache à donner la parole aux habitants et à vérifier rigoureusement chaque source pour offrir un regard juste sur la vie quotidienne dans la cité des Antonins

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