Par la rédaction de tagafruit.fr — 1er août 2026
Une seule clé subsiste, posée devant un meuble monumental peint de rouge, de noir et rehaussé d’or. Elle permet encore d’actionner l’une des quatre serrures de l’Armoire dite Cabinet doré, une pièce montpelliéraine de la seconde moitié du XVIIe siècle qui vient de traverser une délicate restauration.
Longue de trois mètres, profonde de 70 centimètres et haute de plus de 2,35 mètres, l’armoire s’était affaissée au moment de son déplacement après la fermeture du Musée du Vieux Montpellier, fin 2024. Son bois, fragilisé par des insectes xylophages, menaçait de céder au niveau des assemblages.
Selon les informations publiées le 1er août 2026 par En Commun – Montpellier, le meuble a été confié à Mickaël Amant, ébéniste d’art et restaurateur installé rue Thérèse, à l’issue d’un appel d’offres.
Quatre serrures, mais une seule clé conservée
Le dispositif de fermeture constitue l’une des singularités du Cabinet doré. L’armoire possède quatre serrures, alors qu’une seule clé est aujourd’hui disponible. Cette configuration pourrait indiquer que son ouverture exigeait autrefois la présence de plusieurs dignitaires, chacun détenant une clé distincte.
Il s’agit toutefois d’une hypothèse tirée du mécanisme, et non d’un usage formellement établi par les éléments historiques cités. Les trois clés perdues devront être reproduites à partir de l’exemplaire restant.
L’origine précise du meuble conserve elle aussi une part d’incertitude. D’après Christine Feuillas, directrice des archives de Montpellier, l’armoire proviendrait de l’évêché avant d’avoir été conservée aux archives départementales.
Deux mois de conservation après l’attaque des xylophages
Avant l’intervention sur le bois, le Cabinet doré a été traité par anoxie. Cette méthode muséale consiste à supprimer l’oxygène dans un espace fermé afin d’éliminer les insectes à tous les stades de leur développement, des œufs aux adultes. Elle convient aux objets anciens, car elle ne détériore ni leurs matériaux ni leurs pigments.
Mickaël Amant a ensuite consacré deux mois à la conservation du meuble. Les xylophages avaient atteint la structure du bois et affaibli des assemblages susceptibles de casser.

Pour consolider les différentes pièces, le restaurateur a injecté une résine synthétique durcissante à l’aide de poches mises sous vide. L’air retiré, le produit peut pénétrer dans la masse du bois. Une fois les éléments renforcés, les assemblages ont pu être repris et certaines parties manquantes reconstituées.
L’intervention visait donc à stabiliser la matière existante et à rendre de nouveau possible le montage de cette armoire aux dimensions hors norme.
Des archives de 1875 au musée fermé fin 2024
La présence du Cabinet doré dans le patrimoine municipal est documentée depuis au moins le XIXe siècle. Il apparaît dans « l’inventaire du mobilier des archives de la Ville de Montpellier », dressé le 25 mars 1875.
Le document le situe dans une pièce appelée salle de l’Armoire dorée. Il le décrit comme une armoire en bois blanc, peinte en rouge et noir, avec des applications d’or. Cette mention ancienne éclaire le nom sous lequel le meuble est aujourd’hui répertorié.
À partir des années 1980, l’armoire a été présentée au Musée du Vieux Montpellier, dont le parcours retraçait l’histoire de la ville du Moyen Âge au XIXe siècle. L’établissement a fermé ses portes fin 2024 dans l’attente de son intégration au futur Centre d’histoire et de la mémoire.
Le Cabinet doré attendu dans le quartier des Beaux-Arts
Après sa restauration, l’armoire doit être démontée puis stockée dans des conditions adaptées. Elle ne sera donc pas immédiatement visible du public.
Sa prochaine destination annoncée est le Centre d’histoire et de la mémoire, dont l’ouverture est envisagée vers 2030 sur le site des anciennes Archives départementales, dans le quartier des Beaux-Arts. Christine Feuillas indique que le Cabinet doré devrait y prendre place dans la salle de lecture des archives, où il pourra être observé par les visiteurs.
Les trois clés manquantes doivent, d’ici là, être refaites à partir du seul exemplaire conservé.
Source: En Commun – Montpellier
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité de l’article
Le récit reprend les dimensions, les étapes de restauration et la destination annoncée dans la publication d’En Commun – Montpellier.
- Les dimensions du meuble et sa datation ont été reprises de la source originale.
- La distinction entre faits établis et hypothèses a été conservée pour les quatre serrures...
- Les explications techniques sur l’anoxie et la consolidation du bois ont été attribuées au...
- La fermeture du musée fin 2024 et l’ouverture envisagée vers 2030 ont été présentées comme...
- Source
- En Commun – Montpellier
- Portée
- Montpellier
- Mis à jour
- 2026-08-01 07:57
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