Ce samedi 26 septembre, le musée archéologique Henri Prades fête ses 40 ans. Installé à Lattes, aux portes de Montpellier, cet équipement métropolitain jouxte le site archéologique de Lattara, l’ancien port gaulois ouvert sur la Méditerranée. Un anniversaire célébré avec une exposition rétrospective, une conférence et un spectacle, en entrée libre.
Pour l’occasion, la rédaction d’En Commun s’est entretenue avec Diane Dusseaux, conservatrice du musée depuis 2015. Elle revient sur quatre décennies d’évolution, sur le rôle pionnier de ce « musée de site » et sur les défis qui attendent Lattara.
Un musée précurseur devenu référence
À son inauguration en 1986, le musée Henri Prades était déjà en avance sur son temps. « C’était un musée à l’image des structures archéologiques des années 1980, mais déjà précurseur en tant que musée de site », explique Diane Dusseaux. Son architecture et sa muséographie étaient alors très enviées et faisaient référence dans la profession.
Quarante ans plus tard, le musée bascule dans le référentiel du XXIe siècle. « Nous avons suivi les évolutions classiques liées aux musées et aux pratiques culturelles des publics », poursuit la conservatrice. Une chose n’a pourtant pas changé : l’esprit d’équipe. « C’est une petite équipe d’une quinzaine de personnes très solidaire. En retrouvant des photos des repas d’équipe des années 1980, on s’aperçoit que l’ambiance et les lieux sont restés les mêmes. »

Lattara, un port gaulois au cœur de la recherche
Le projet initial du musée était d’associer étroitement le musée, le site archéologique et le centre de recherche. « Ce projet, lancé il y a cinquante ou soixante ans, arrive enfin à son aboutissement », se réjouit Diane Dusseaux. L’équipe du CNRS, rattachée au laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes de Montpellier, dirige les fouilles programmées sur le site de Lattes. Elle étudie tout ce qui sort du terrain : objets, éléments de faune… « Il y a des passerelles permanentes entre la recherche et le musée : nos expositions s’appuient très souvent sur leurs travaux. »
Les découvertes archéologiques ont d’ailleurs métamorphosé le parcours du musée. Dans les années 1980, ce sont surtout les découvertes exceptionnelles de la nécropole romaine qui étaient présentées. « En 40 ans, les archéologues ont creusé plus profondément pour atteindre les niveaux liés à la période de fondation du site. Nous avons donc rééquilibré le parcours permanent en réduisant la période romaine pour valoriser l’époque gauloise et cette rencontre unique entre Étrusques, Grecs et Gaulois. »
Quand l’art vivant habite le musée
Au fil du temps, le musée a aussi ouvert ses portes à la création artistique. La Cité des Arts (Conservatoire de Montpellier) y intervient régulièrement depuis sa création. Le musée propose également des expositions d’art contemporain et des résidences artistiques, en partenariat avec le MO.CO. Montpellier Contemporain. Chaque année, un artiste plasticien est invité à créer des œuvres qui dialoguent avec la collection permanente.

L’exposition anniversaire met en lumière deux photos très parlantes. La première montre des enfants dans les années 1990 devant des statues sans tête. La seconde, prise 20 ans plus tard exactement au même endroit, montre de jeunes danseurs du Conservatoire en pleine performance. « Cela illustre magnifiquement la continuité de la transmission culturelle », commente Diane Dusseaux.
Un anniversaire tourné vers l’avenir
Lors de sa conférence du 26 septembre, Diane Dusseaux présentera le projet du « musée de demain » et sa future transformation. Elle y intégrera une dimension climatique : « Nous aborderons l’évolution environnementale du site archéologique et du littoral, ainsi que la résilience des Gaulois face aux changements climatiques qu’ils ont eux-mêmes traversés. Lattara a beaucoup à nous enseigner à ce sujet. »
L’exposition rétrospective, conçue de façon « très visuelle et symbolique », met en avant les coulisses du musée : les photos de la ferme d’origine, la période des travaux, les repas d’équipe, le montage des expositions ou encore les grands événements populaires comme les Fêtes de l’Antiquité. Au rez-de-chaussée, une reconstitution de la muséographie des années 1980 avec des ensembles de céramiques sigillées et de verres soufflés romains illustre l’évolution des modes de présentation.

Le programme du samedi 26 septembre
- 13h30 : accueil avec un café de bienvenue
- 14h : inauguration de l’exposition rétrospective « Le musée a 40 ans »
- 14h30 : conférence de Diane Dusseaux, « 40 ans après, un nouveau projet pour Lattara »
- 16h : spectacle de Fabien Bages, « Henri Prades, le courage de la passion »
L’entrée est libre et gratuite.
Pour les habitants de Lattes et de la métropole de Montpellier, cet anniversaire est aussi l’occasion de redécouvrir un lieu qui a accueilli les scolaires dès ses premières heures. « Dès les années 1980 et 1990, alors que ce n’était pas encore systématique dans les musées, Henri Prades qui était instituteur amenait ses élèves et faisait ses cours sous le porche », rappelle Diane Dusseaux. Une tradition qui perdure : l’accueil du jeune public fait « véritablement partie de l’ADN de ce lieu ».
Quant au numérique, le musée l’intègre « de manière très raisonnée pour ne pas tomber dans le côté gadget ». La conservatrice privilégie l’audio, comme le podcast George et les secrets du musée lancé cet été. « L’archéologie fait rêver et invite au voyage : l’audio permet de préserver cet imaginaire tout en ouvrant le musée vers l’extérieur. »
Parmi les collections, sa pièce préférée reste une petite tête de statuette en terre cuite d’origine grecque, mesurant seulement 3,6 cm de haut et datant de -475 avant notre ère. « Ce qui me la rend particulièrement attachante, c’est le petit impact qu’elle porte sur le nez : c’est un coup de truelle donné involontairement par l’archéologue au moment de sa découverte. Elle incarne à la fois la rencontre des cultures à Lattara, la croyance individuelle et l’histoire même de la recherche archéologique sur le terrain. »
Informations pratiques
- Pour aller plus loin : Le musée Henri Prades fête ses 40 ans
Pour découvrir plus en détail les coulisses et les offres du musée Henri Prades, notamment autour du chat George, le site de Lattara regorge de ressources.
Source: En Commun – Montpellier
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Source vérifiée
Cet article est basé sur un entretien avec Diane Dusseaux, conservatrice du musée Henri Prades, publié par En Commun - Montpellier le 26 septembre 2026.
- Entretien avec la conservatrice du musée, Diane Dusseaux, cité mot pour mot.
- Dates et horaires du programme du 26 septembre vérifiés dans la source.
- Références au CNRS, au MO.CO. et à la Cité des Arts confirmées par la source.
- Source
- En Commun - Montpellier
- Portée
- Lattes, Occitanie, France
- Mis à jour
- 2026-09-26 07:45
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