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Un maire prononce un discours lors d'une cérémonie commémorative officielle avec de nombreux drapeaux français.

Saint-Étienne ravive les voix du bombardement

Par la rédaction de tagafruit.fr, d’après les éléments publiés par la Ville de Saint-Étienne.

Le 26 mai 2026, Saint-Étienne a marqué le 82e anniversaire du bombardement du 26 mai 1944, l’une des blessures les plus profondes de son histoire contemporaine. La commémoration s’est tenue dans plusieurs lieux directement liés au drame, tandis que la Ville a rediffusé des témoignages de Stéphanois qui avaient vécu cette matinée de guerre.

Ces voix du bombardement replacent les chiffres dans des vies ordinaires : des habitants, des enfants, des familles, des quartiers entiers saisis en quelques minutes. Le bombardement a fait près d’un millier de morts, environ 2 000 blessés et 20 000 sinistrés, selon le bilan communiqué en 1944 par la mairie à la préfecture.

Des témoignages conservés par les archives municipales

Les enregistrements diffusés par la Ville avaient été réalisés à l’occasion du 80e anniversaire du bombardement, avec les archives municipales et la Cinémathèque. Leur rediffusion, deux ans plus tard, s’inscrit dans un travail de mémoire centré sur celles et ceux qui ont vu la ville basculer.

La Ville indique aussi rendre hommage à l’un des témoins enregistrés, M. Clavier, décédé depuis. Ces récits donnent une place aux souvenirs directs, alors que les derniers témoins de l’événement disparaissent peu à peu.

Saint-Étienne ravive les voix du bombardement

Dans une commémoration, la parole des survivants ne sert pas seulement à illustrer un dossier historique. Elle fait entendre la perception immédiate de l’alerte, l’incrédulité devant les sirènes, puis la violence de l’attaque. Le 26 mai 1944, beaucoup de Stéphanois auraient d’abord pensé à une fausse alerte, comme il y en avait déjà eu.

Le matin où Saint-Étienne devient la « Cible Z 816 »

En janvier 1944, Saint-Étienne figure sur les cartes d’état-major alliées sous le nom de « Cible Z 816 ». L’objectif s’inscrit dans le plan d’attaque des voies de communication destiné à préparer le débarquement en Normandie.

Ce « transportation plan » vise notamment les infrastructures ferroviaires, dont les gares de triage, pour ralentir l’acheminement des troupes et du matériel allemands vers l’ouest de la France. D’autres villes de la région, comme Chambéry, Grenoble, Lyon ou Nice, sont également concernées par cette stratégie.

Le vendredi 26 mai 1944, entre 6 heures et 7 heures du matin, environ 900 avions américains décollent de trois aérodromes situés dans la région de Foggia, dans le sud de l’Italie. À Saint-Étienne, la journée commence sous un ciel clair. Les habitants vaquent à leurs occupations.

Saint-Étienne ravive les voix du bombardement

À 10 heures, les sirènes retentissent. À 10h17, les premières bombes tombent. Pendant 18 minutes, environ 1 600 bombes sont lâchées par des B-17 sur la ville. À 10h35, l’alerte prend fin, laissant Saint-Étienne dévastée.

Écoles, église, quartiers : les lieux touchés

Les quartiers de Châteaucreux, Monthieu, le jardin des plantes, Le Soleil, Bel-Air, l’Éparre, Le Bardot et Saint-François sont touchés. L’église Saint-François, où un mariage était célébré, est partiellement détruite. Une trentaine de personnes réfugiées dans la crypte y trouvent la mort.

L’École de Tardy est aussi frappée. Huit instituteurs et 24 élèves y périssent. Certains enfants venaient de l’école Bizillon, aujourd’hui école Jules Ferry, alors occupée par les Allemands, et avaient été placés à Tardy.

Le bilan matériel est considérable : 250 immeubles entièrement détruits, 550 autres partiellement. La gare de triage, qui faisait partie des objectifs prioritaires, est touchée, mais redevient utilisable trois jours plus tard après des travaux de déblaiement menés jour et nuit.

Saint-Étienne ravive les voix du bombardement

Quatre cérémonies dans la ville le 26 mai

Pour le 82e anniversaire, Saint-Étienne a organisé plusieurs temps d’hommage le mardi 26 mai 2026. Les cérémonies ont été réparties dans des lieux liés à la mémoire du bombardement : à 10h00 à l’École de Tardy, à 11h30 à l’Église Saint-François, à 14h00 à l’École du Soleil, puis à 15h30 à l’École Jules Ferry.

Cette géographie de la commémoration rappelle que le bombardement n’a pas été un événement abstrait ou limité à une cible militaire. Il a marqué des écoles, des rues, des familles, des lieux de culte et des quartiers encore identifiables dans la ville actuelle.

La date porte aussi une autre charge historique. Le 6 juin 1944, jour du débarquement allié en Normandie, Philippe Pétain se rend à Saint-Étienne. La propagande de Vichy exploite alors le bombardement pour accuser les Américains, dans une ville encore sous occupation allemande.

Une mémoire locale transmise par les lieux et les voix

Le bombardement du 26 mai 1944 reste attaché à la mémoire stéphanoise parce qu’il a frappé des civils en masse, dont près d’une centaine d’enfants. Les témoignages conservés par les archives municipales et la Cinémathèque ajoutent à cette mémoire une dimension directe : le timbre des voix, les hésitations, les détails que les bilans administratifs ne peuvent pas porter seuls.

Saint-Étienne est libérée le 20 août 1944. Cinq jours plus tard, la population peut de nouveau sortir les drapeaux tricolores après quatre années sous le joug nazi.

Source: Ville de Saint-Étienne

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Julien Morel

Julien Morel

Auteur

Journaliste passionné par le dynamisme de la Normandie, Julien Morel couvre l'actualité de Caen depuis plus de dix ans. Spécialisé dans les politiques municipales et le développement urbain, il s'attache à décrypter les décisions du conseil municipal pour les citoyens. Rigoureux et attaché à la vérification des sources, Julien transforme les informations institutionnelles en récits clairs et accessibles, plaçant toujours l'intérêt public au cœur de ses reportages quotidiens

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