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Une sculpture monumentale en bronze représentant des figures en mouvement, symbolisant le travail de mémoire collective.

Saint-Denis et Pierrefitte s’unissent pour la mémoire de l’esclavage: ce qu’il faut retenir

Les communes de Saint-Denis et Pierrefitte s’apprêtent à vivre deux journées de commémoration intenses les 17 et 23 mai 2026. Ce cycle mémoriel, porté par les associations locales Sonjé et l’Association Mémoires Ultramarines (AMU), s’inscrit dans un contexte particulier : le 25e anniversaire de la loi Taubira. Adopté le 21 mai 2001, ce texte législatif historique a reconnu l’esclavage colonial et la traite négrière comme crimes contre l’humanité.

Ces célébrations visent à transmettre l’histoire de la déportation et de l’exploitation de millions d’Africains vers les colonies européennes, une période qui s’étend du XVe au XIXe siècle. À travers des moments solennels et festifs, les organisateurs souhaitent ancrer ce devoir de mémoire dans le quotidien des habitants de Seine-Saint-Denis.

Marche mémorielle et chants de la jeunesse à Pierrefitte

Le premier rendez-vous est fixé au dimanche 17 mai 2026 à Pierrefitte. La matinée débutera à 10h45 par un rassemblement sur le parvis de l’hôtel de ville. Le cortège traversera ensuite les voies du tramway pour rejoindre le parc Nelson-Mandela, au rythme des percussions du groupe Rasin Baobab. Cette déambulation symbolique marque la volonté de l’Association Mémoires Ultramarines de rendre hommage aux aïeuls victimes de la traite.

La jeunesse occupe une place centrale dans ce dispositif pédagogique. Les élèves de CM2 de l’école Jean-Jaurès interpréteront les chants Bois d’Ebène et le gospel O Freedom, fruits d’un travail mené en classe d’histoire. Le conseil municipal des collégiens prendra également la parole pour une lecture du poème Ghetto de Guy Tirolien. Cette implication des plus jeunes, encadrée par l’Espace Pierrefitte Jeunes, vise à renforcer leur confiance en eux tout en les sensibilisant, par un travail de mémoire, au passé colonial de la France.

Saint-Denis et Pierrefitte s'unissent pour la mémoire de l'esclavage: ce qu'il faut retenir

La cérémonie officielle se clôturera par un moment de convivialité à l’hôtel de ville, où le public pourra découvrir l’exposition « Esclavage et abolitions, une histoire de France », prêtée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Cette exposition reste accessible jusqu’au 20 mai.

Hommage vivant et fleurissement de la stèle à Saint-Denis

Le samedi 23 mai 2026, l’action se déplace place Robert-De-Cotte à Saint-Denis. L’association dionysienne Sonjé, dont le nom signifie « se souvenir » en créole, coorganise avec le CM98 un hommage spécifique autour de la stèle créée par l’artiste Nicolas Cesbron. Cette œuvre monumentale comporte 213 médaillons portant des noms d’esclaves, un chiffre symbolisant les 213 années de pratique de l’esclavage.

Le fleurissement de la stèle, prévu à partir de 14h30, se veut un acte de présence spirituelle. Pour Mylène, présidente de Sonjé, il s’agit de rendre un hommage vivant aux familles disparues. L’ambiance se veut toutefois chaleureuse et résiliente, portée par les prestations musicales du groupe YinYang-Ka et une chorale d’enfants interprétant des chants en français et en anglais.

Saint-Denis et Pierrefitte s'unissent pour la mémoire de l'esclavage: ce qu'il faut retenir

Ces initiatives locales rejoignent d’autres villes comme Nîmes qui honorent également cette mémoire à travers des lieux de recueillement dédiés. Elles complètent les initiatives mémorielles nationales visant à intégrer cette part d’histoire dans le patrimoine commun.

L’héritage de la loi Taubira un quart de siècle plus tard

La tenue de ces événements en 2026 souligne la pérennité de la loi portée par Christiane Taubira en 2001. En qualifiant juridiquement l’esclavage de crime contre l’humanité, la France a ouvert la voie à une reconnaissance institutionnelle qui se décline aujourd’hui au niveau municipal. Pour Franck Pétrose, président de l’AMU, il est impératif que les nouvelles générations prennent conscience de cette strate de l’histoire nationale pour mieux comprendre la société actuelle.

Les deux journées de commémoration à Saint-Denis et Pierrefitte fonctionnent comme un trait d’union entre le passé colonial et les enjeux contemporains de citoyenneté. Elles rappellent que la mémoire n’est pas un concept figé, mais un processus actif de transmission et de dialogue entre les communautés.

Source: Commune de Saint-Denis

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Camille Laurent

Camille Laurent

Auteur

Journaliste passionnée par les dynamiques urbaines, Camille Laurent couvre l’actualité de Saint-Denis depuis plus de six ans. Elle se spécialise dans le suivi des décisions municipales, les projets de rénovation urbaine et la vie associative locale. Attachée à la rigueur de l'information, elle privilégie le terrain et la vérification des sources pour offrir aux Dionysiens un éclairage précis et indépendant sur les enjeux de leur commune

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