Au Pont-Neuf, l’installation monumentale imaginée par JR ne jouera pas seulement avec le regard. Du 6 au 28 juin 2026, « La Caverne du Pont-Neuf » doit aussi avoir une odeur, pensée comme une partie de l’expérience et non comme un simple parfum d’ambiance.
Cette dimension olfactive a été confiée à Sarah Bouasse, journaliste et autrice de « Par le bout du nez », qui travaille depuis longtemps sur la place des odeurs dans notre perception du monde. Pour cette création parisienne, elle a choisi de faire sentir la terre mouillée, la roche, le sous-sol et quelque chose de très ancien dans notre rapport au vivant.
Deux odeurs autour de la terre après la pluie
L’habillage olfactif de « La Caverne du Pont-Neuf » repose sur deux odeurs développées avec la maison de parfumerie Odore Scola. Sarah Bouasse explique avoir travaillé autour de la géosmine et de l’isobornéol, deux molécules produites par des micro-organismes présents dans les sols, en ville comme à la campagne.
Ces noms scientifiques renvoient à une sensation très familière : celle de la terre après la pluie, souvent appelée pétrichor. L’enjeu n’est donc pas de diffuser un parfum au sens classique, destiné à séduire ou à être porté, mais de créer une présence discrète, organique, capable d’accompagner l’image d’une cavité minérale sous le Pont-Neuf.
La géosmine, en particulier, porte cette impression de sol humide que beaucoup reconnaissent sans pouvoir la nommer. Sarah Bouasse la décrit comme l’une de ses odeurs préférées, tout en rappelant qu’elle ne correspond pas à l’idée habituelle d’un parfum agréable à vaporiser sur soi.
Une caverne minérale sous le plus vieux pont de Paris
Le choix de ces molécules répond à la forme même du projet de JR. « La Caverne du Pont-Neuf » transforme symboliquement le pont parisien en masse souterraine, en apparition minérale au cœur de la ville. L’odeur doit renforcer cette impression de descente vers la roche et la terre.
Sarah Bouasse y voit aussi une manière de rappeler les origines du vivant. La géosmine et l’isobornéol sont liées aux micro-organismes des sols, ces formes de vie discrètes sans lesquelles les équilibres terrestres n’existeraient pas de la même manière. Dans une installation très visuelle, cette référence invisible ajoute une couche plus primitive, plus physique.
Le projet s’inscrit dans une expérience pensée pour mobiliser plusieurs sens. JR a déjà travaillé l’image et l’habillage de l’installation, tandis que Thomas Bangalter a conçu une matière sonore. Sarah Bouasse parle, de son côté, d’accords minimalistes plutôt que de compositions parfumées : une matière simple, presque brute, à la manière d’une texture.

Sentir, ou ne presque pas sentir
L’odeur ne sera pas perçue de la même manière par tous les visiteurs. Sarah Bouasse souligne que tout dépendra de l’attention de chacun et de son seuil de perception. Certains identifieront immédiatement cette dimension olfactive ; d’autres la remarqueront à peine.
C’est aussi ce qui rend l’expérience particulière. L’odeur ne se photographie pas, ne se partage pas comme une image ou une musique, et oblige à trouver des mots pour décrire une sensation. Dans un espace public saturé de signes visuels, ce choix remet l’odorat dans une position rare : celle d’un sens central, mais souvent négligé.
Les odeurs de roche et de terre mouillée peuvent réveiller des souvenirs très différents. Pour certains, elles évoquent la campagne après l’averse, une cave fraîche, une promenade d’enfance ou les pavés humides. Pour d’autres, elles resteront plus abstraites. L’installation laisse ainsi une place importante à la mémoire personnelle du public.
Les dates à retenir au Pont-Neuf
« La Caverne du Pont-Neuf » sera visible à Paris du samedi 6 juin au dimanche 28 juin 2026. L’installation est imaginée par JR en hommage à Christo et Jeanne-Claude, dont l’histoire est liée au Pont-Neuf et à ses transformations artistiques dans l’espace urbain.
Le rendez-vous concerne autant les visiteurs attirés par l’œuvre monumentale que ceux qui s’intéressent à la manière dont l’art contemporain travaille désormais l’immersion. Ici, l’expérience annoncée ne repose pas seulement sur ce que l’on voit depuis les quais ou sur le pont : elle passe aussi par ce que l’on respire, parfois sans y prêter attention.
Sarah Bouasse résume cette intention comme une invitation à « lever le nez ».
Source: Mairie de Paris
Source et verification Sources et vérifications
Les informations pratiques et les citations d’intention proviennent de la présentation publiée par la Ville de Paris.
- Dates de l’installation relevées dans la source : du 6 au 28 juin 2026.
- Lieu et portée géographique vérifiés autour du Pont-Neuf, à Paris.
- Rôle de Sarah Bouasse identifié comme conceptrice de l’expérience olfactive.
- Molécules citées dans la source : géosmine et isobornéol.
- Source
- Ville de Paris
- Portée
- Paris
- Mis à jour
- 2026-06-02 10:34
Source et verification
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