Le camion part avant que Nîmes ne s’éveille
Il est 5 heures. La ville de Nîmes dort encore, mais au dépôt du Mas de Cheylon, les premiers camions-bennes quittent déjà les garages. À bord de l’un d’eux, Sébastien, 44 ans, chauffeur et agent de collecte chez Suez, entame sa journée. Habitant vers Uzès, il a réglé son réveil à 3h30 pour être à l’heure. « Quand on finit vers 12h30, la sieste, elle est obligatoire ! », lâche-t-il en souriant, gilet fluo orange sur le dos et casquette New York Yankees sur la tête.
Salarié de Suez, qui gère la collecte des déchets et le tri sélectif pour Nîmes Métropole, Sébastien exerce ce métier depuis vingt ans. Derrière le camion, deux ripeurs, Ali, 26 ans, et Dal, 43 ans, enfilent leurs gants renforcés et calent leurs casques. Le camion démarre dans un grondement. Ce matin-là, pas d’ordures ménagères : c’est jour de collecte sélective, la benne est réservée aux bacs bleus ou noirs avec un couvercle jaune.
Une tournée dense de 50 kilomètres
La petite équipe prend la direction du quartier Chalvidan-Mas de Possac, une tournée dense qui passe également devant la maison d’arrêt de Nîmes. « C’est une des tournées les plus longues de Nîmes avec environ 50 kilomètres à faire. Mais ça va, ce sont des rues où l’on peut se croiser avec les autres véhicules. Ce n’est pas exigu comme dans certains secteurs comme la Cigale où, là, c’est le stress », explique le conducteur.
À l’arrière du camion, debout sur une étroite plateforme suspendue au-dessus du pare-chocs, les deux ripeurs s’agrippent chacun à une poignée. Jambes légèrement fléchies, ils encaissent chaque nid de poule, chaque virage, dans un équilibre qui semble presque naturel à force d’habitude. « Avec ça, pas besoin d’aller à la salle de sport », continue Sébastien. Lui aussi a commencé comme ripeur avant de passer son permis poids lourd. Sur sa caméra embarquée, il regarde la progression de ses collègues, les surveille pour éviter tout danger. « Je les aide aussi. Quand il y a des grosses bennes de 600 litres, je descends du camion. C’est un métier d’équipe, il faut se connaître. C’est un peu une chorégraphie. »

Vérifier le tri, rue par rue
Rue par rue, le rituel se répète, minuté à la seconde près. Le camion ralentit à peine, les ripeurs sautent de la plateforme avant même l’arrêt complet et filent vers les bacs alignés sur le trottoir. Ils vérifient le contenu pour s’assurer que le tri est bien fait. Si ce n’est pas le cas, ils laissent une rubalise indiquant que la poubelle n’a pas été prise et la raison. C’est le cas ici avec une sorte de parasol dans le conteneur, impossible à recycler.
Le chauffeur note alors l’adresse précise dans sa tablette embarquée. Plus tard dans la journée, des agents nommés « ambassadeurs » du service prévention de Nîmes Métropole passeront pour informer le riverain ou laisser des prospectus rappelant les règles. Pour les poubelles conformes, les éboueurs accrochent le rebord du bac sur les mâchoires métalliques du lève-conteneur, et le bras hydraulique le soulève automatiquement, le retourne et le vide avant de le reposer au sol.
Un métier dur, un vrai service de proximité
« C’est un métier dur physiquement. Pour moi, le plus difficile, ce sont les horaires de nuit ou quand il fait chaud comme cet été. Un jour, il faisait 32 degrés dans le camion à 5h du matin, raconte Sébastien les mains sur le volant, mais il y a des gens sympas qui nous laissent des bouteilles fraîches ! Des personnes qui nous disent bonjour, qui papotent un peu. Ça fait plaisir. C’est là qu’on se dit qu’on fait un vrai service de proximité. »

Le plus stressant pour les éboueurs reste les voitures impatientes qui frôlent le camion quand elles le doublent. « Un jour, mon cousin qui travaille aussi à Suez s’est fait rentrer dedans alors qu’il était debout sur la plateforme. Heureusement, plus de peur que de mal ! », raconte le chauffeur. Dans ce quartier, le camion s’arrête également à la maison d’arrêt. Sébastien sort, se présente à l’accueil de la prison. Le grand portail métallique s’ouvre et le camion s’engouffre pour récupérer les grandes bennes.
Le soleil est maintenant bien levé sur les toits, une lumière rose pâle découpe la silhouette du camion et ses trois hommes en mouvement perpétuel. Aux fenêtres, quelques riverains commencent à s’agiter, une dame sort sa poubelle juste à temps. « Normalement, il faut sortir les bacs la veille, mais évidemment on essaye d’arranger les gens », continue l’équipe. La tournée touche à sa fin. Le camion gagne le centre de tri, l’entreprise Paprec, non loin du dépôt de Suez et de l’incinérateur. Demain, à 5h, avant que Nîmes ouvre un œil, ils seront déjà là. Le camion redémarrera, les gestes reprendront, dans une chorégraphie presque silencieuse.
Les règles de collecte à Nîmes
Ordures ménagères
– Collecte en sac : sacs noirs fermés uniquement.
– Collecte en bac : sacs noirs dans le bac vert ou gris.
– Dans le quartier Nord-Gambetta, la collecte doit se faire dans les 20 Points d’apport volontaire (Pav).

Emballages
– Tous les emballages en plastique et en carton peuvent être triés.
– Collecte en sac : pas de sacs noirs, seulement des sacs transparents (jaunes ou bleus).
– Collecte en bac bleu ou jaune : en vrac dans le bac.
Pour connaître les jours de passage des éboueurs de votre secteur, il suffit de renseigner votre adresse sur le site monservicedechets.com. Pour les encombrants, végétaux, gravats, bois, certains métaux ou déchets électriques et électroniques, Nîmes Métropole met à disposition 15 déchetteries sur son territoire, dont trois à Nîmes.
Informations pratiques
- Pour aller plus loin : Lire aussi : “Nîmes ville propre” : un plan pour lutter contre saleté et incivilités
Source: Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité éditoriale
Cet article est une adaptation d'un reportage publié par Vivre Nîmes (Ville de Nîmes), qui a suivi une équipe de collecte de Suez pour Nîmes Métropole.
- Les noms, âges et rôles de Sébastien, Ali et Dal proviennent du reportage source.
- Les horaires (départ à 5h, fin vers 12h30) et la distance (environ 50 km) sont issus du te...
- Les règles de collecte et les consignes de tri sont reprises telles que publiées par la so...
- Les citations sont attribuées à Sébastien, chauffeur et agent de collecte.
- Source
- Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)
- Portée
- Nîmes, Occitanie, France
- Mis à jour
- 2026-10-04 08:10
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