Une grande peinture religieuse classique est exposée dans la nef d'une cathédrale ancienne.

À Nîmes, un tableau géant reprend enfin de la hauteur

Par la rédaction de tagafruit.fr, d’après les informations publiées par Vivre Nîmes (Ville de Nîmes).

Jeudi 3 septembre 2026, une toile de près de 5,5 mètres de haut a été hissée dans le chœur de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes. L’Assomption de la Vierge, peinte par Nicolas Mignard au XVIIe siècle, retrouve ainsi cet emplacement 166 ans après l’avoir quitté.

Ce retour clôt un parcours marqué par la Révolution, une restauration ancienne, un incendie, plus de vingt ans dans les réserves municipales et un chantier de conservation achevé en décembre 2025. Pour le public, l’installation rend de nouveau visible dans son cadre d’origine une œuvre commandée spécialement pour le maître-autel nîmois.

Plus de 20 m² de peinture hissés dans le chœur

Avec ses 5,5 mètres de hauteur et ses 3,75 mètres de largeur, le tableau couvre plus de 20 m². Ses dimensions ont imposé une installation lourde, avec échafaudages, éclairage et maîtrise des conditions climatiques. Un représentant de la Direction régionale des affaires culturelles l’a décrit comme « un monstre » en raison de son format.

À Nîmes, un tableau géant reprend enfin de la hauteur

L’œuvre avait été commandée en 1645 par les chanoines de Nîmes pour décorer le maître-autel de la cathédrale. Son auteur, Nicolas Mignard, est présenté dans le récit municipal comme un futur premier peintre de Louis XIV. Il fut également le portraitiste de Molière.

Le tableau ne revient donc pas dans un lieu choisi après sa restauration : il rejoint l’espace pour lequel il avait été conçu près de quatre siècles auparavant. La publication municipale ne précise toutefois ni horaires particuliers ni conditions spécifiques pour venir le voir.

De la Révolution aux réserves de la Ville

Le parcours de L’Assomption de la Vierge est fait de déplacements et de dommages successifs. Descendue puis foulée aux pieds pendant la Révolution, la toile attend 1860 pour bénéficier d’une première restauration. Elle est ensuite installée dans l’escalier de l’évêché, devenu l’actuel musée du Vieux-Nîmes, où elle demeure jusqu’aux années 1980.

À Nîmes, un tableau géant reprend enfin de la hauteur

Classée au titre des monuments historiques en 1913, elle subit un nouveau revers en 1987. Lors d’un incendie de toiture, l’eau utilisée par les pompiers atteint la Vierge, les anges et les apôtres représentés sur la toile. Le tableau est alors décroché, roulé et placé dans les réserves de la Ville.

Il y reste jusqu’à sa redécouverte en 2008 par l’ancien conservateur du musée des Beaux-Arts. Un constat d’état est rédigé et l’œuvre est mise sous protection, première étape avant un travail scientifique beaucoup plus vaste.

Une restauration de 400 000 euros

La Ville de Nîmes fait transporter la toile au Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine, à Marseille. Avec le concours de l’État, propriétaire de l’œuvre, elle finance une étude menée en 2014 et 2015. Les analyses servent notamment à examiner les dégradations et les différentes couches appliquées au fil du temps.

À Nîmes, un tableau géant reprend enfin de la hauteur

La restauration proprement dite commence au printemps 2022 et se poursuit jusqu’en décembre 2025. L’opération représente 400 000 euros au total, dont 230 000 euros consacrés aux travaux de restauration. Marina Weissman pilote un groupement de sept conservateurs-restaurateurs spécialisés.

Un comité scientifique se réunit tous les six mois pendant le chantier. Il rassemble des spécialistes universitaires de la peinture du XVIIe siècle, les conservateurs responsables de l’œuvre, des ingénieurs du centre marseillais et les professionnels chargés de l’intervention.

Ce que la restauration permet désormais de voir

Le chantier n’a pas consisté à effacer toutes les interventions anciennes. Marina Weissman explique que la restauration du XIXe siècle avait recouvert le bas du tableau d’une importante couche de céruse. Certaines transformations étant irréversibles, les restaurateurs ont dû les conserver et composer avec elles.

La partie supérieure offre une lecture très différente. Selon la restauratrice, l’essentiel de la matière originale y a été préservé : « Dans les deux tiers supérieurs, ce n’est quasiment que du Mignard XVIIe siècle. »

Informations pratiques

Source: Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)

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