Deux ouvriers en gilets orange et casques blancs inspectent un passage piéton en extérieur.

À Montpellier, la chasse aux fuites se joue sous terre: ce qu’il faut retenir

Mardi, 16 heures, une anomalie apparaît sur la carte numérique du réseau d’eau potable. Les capteurs acoustiques enterrés ont relevé un bruit inhabituel rue Titan, dans le quartier de la Mosson. Les données des débitmètres confirment rapidement qu’il ne s’agit pas d’une simple perturbation : une canalisation fuit.

Cette alerte ouvre une intervention qui mobilisera la Régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole, un fontainier et une entreprise de travaux. En moyenne, les équipes réparent deux fuites par jour sur un réseau long de 1 300 kilomètres.

Des capteurs qui écoutent le réseau en permanence

La Cellule performance réseaux s’appuie sur des capteurs acoustiques pour surveiller les canalisations souterraines. Des débitmètres munis de dispositifs de transmission par satellite complètent ces relevés. Les agents peuvent ainsi comparer les données quotidiennes et suivre l’état du réseau sur une carte interactive.

Au 10 rue Titan, les deux systèmes convergent vers le même diagnostic. Selon Nicolas Le Lay, responsable de la cellule, la réparation n’est toutefois pas la première étape. Le chef d’équipe doit obtenir l’autorisation nécessaire à un terrassement en urgence, informer les abonnés concernés et mandater, sous 24 heures, une entreprise appartenant au groupement de sous-traitants.

À Montpellier, la chasse aux fuites se joue sous terre: ce qu'il faut retenir

L’information destinée aux riverains peut être déposée dans les boîtes aux lettres, affichée sur les portails ou diffusée par le centre d’appel et le site de la Régie. L’objectif est de prévenir avant la coupure, même lorsque le chantier doit commencer rapidement.

Rue Titan, la bonne vanne se cache sous une voiture

Le mercredi à 7 h 30, les spécialistes de l’entreprise Faurie découpent une partie du trottoir et creusent jusqu’à la conduite. La fuite se trouve exactement à l’endroit signalé par les capteurs, au raccordement de deux canalisations.

Reste à isoler la bonne portion du réseau. Le fontainier doit sélectionner la vanne qui permettra de limiter simultanément la durée de la coupure et le nombre d’abonnés privés d’eau. Après plusieurs recherches, elle est repérée sous une voiture stationnée sur le trottoir, à l’angle des rues Titan et Prométhée. Le véhicule doit être déplacé avant que l’eau puisse être fermée.

À Montpellier, la chasse aux fuites se joue sous terre: ce qu'il faut retenir

« On essaye d’être le plus réactif et le plus rapide possible, et de fermer l’eau au dernier moment », explique Nicolas Le Lay. Cette organisation vise à réduire les conséquences pour les logements, mais aussi pour les écoles, commerces et entreprises raccordés au secteur concerné.

Quatre heures de chantier pour une heure de réparation

Les principales phases observées à la Mosson illustrent l’écart entre la durée du chantier et celle du geste technique.

Phase Durée ou moment constaté
Détection de l’anomalie Mardi à 16 h
Début du terrassement Mercredi à 7 h 30
Réparation après la coupure De 45 minutes à 1 heure
Chantier complet en moyenne Environ 4 heures

Une fois la canalisation dégagée, les ouvriers découpent la partie défectueuse à la tronçonneuse thermique. Des manchons sont posés de chaque côté pour rétablir l’étanchéité, tandis que le joint de raccordement endommagé est remplacé. La Régie conserve différentes pièces et plusieurs diamètres en stock afin d’adapter la réparation à ce qui est découvert sous terre.

À Montpellier, la chasse aux fuites se joue sous terre: ce qu'il faut retenir

Des photographies documentent ensuite l’intervention et servent au suivi du chantier ainsi qu’à la validation des factures des sous-traitants. Après les derniers contrôles, le fontainier remet progressivement la conduite en eau. Un remplissage trop rapide pourrait mélanger de l’air à l’eau et lui donner temporairement un aspect laiteux.

Un réseau de 1 300 kilomètres sous surveillance

La Régie gère l’eau potable de 14 des 31 communes de la Métropole, soit 85 % de sa population. Le réseau affiche un rendement de 85 %, en progression de cinq points en dix ans. Cet indicateur traduit la part de l’eau introduite dans le réseau qui parvient effectivement jusqu’aux usagers.

La surveillance sert aussi à repérer les secteurs où une réparation ponctuelle ne suffit plus. Lorsque trois fuites sont constatées dans une même rue au cours d’une année, la Régie déclenche une opération de renouvellement des canalisations et des branchements d’abonnés.

Le dispositif doit encore gagner en précision avec le déploiement de 88 000 compteurs de télérelève. Tous les abonnés concernés doivent en être équipés d’ici à la fin de 2027. Ces compteurs doivent aider à distinguer plus rapidement une fuite située sur un raccordement individuel d’une défaillance affectant directement la conduite publique.

Source: En Commun – Montpellier

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